Société

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Lettre ouverte d’un ami à Yvon JEAN NOËL, Commissaire du Gouvernement mis en disponibilité.

Cher Yvon,

Aujourd’hui j’ai de la peine, en constatant les décisions hasardeuses prises par les autorités, principalement celles du système judiciaire. Je te sais en isolement depuis plusieurs mois maintenant ; nous tenons le coup même si c’est dur à comprendre et accepter. J’espère que ton quotidien n’est pas trop difficile, nous pensons fort à toi.

Je te connais, on se connait, j’ai de la difficulté à accepter les abominables commentaires entendus, lus sur ton compte ; malheureusement, ces gens-là ne te connaissaient pas ; il fallait les pardonner. Car, de nos jours, le mensonge procurait plus d’amis que la vérité.

Nous sommes amis depuis combien de temps déjà ? Je crois que ça fait plusieurs décennies. Dieu du ciel…comme nos avions vieilli tous les deux, que le temps passe vite. Le temps passera vite aussi pour que ton honneur soit lavé et la vérité rétablie.

Aujourd’hui encore j’ai du mal à démêler cette histoire, surtout à comprendre ton rôle dans une affaire qui ne relevait pas de ta compétence, puisque ton travail était de poursuivre pour le compte de la société, sur requête de l’ULCC et non autre chose. Tâche difficile, puisqu’il s’agissait d’un dossier de corruption, ce mal avéré qui effrayait et détruisait le pays.

Et les faits allaient, tôt ou tard, me donner raison.

Aujourd’hui, notre ami Jos m’a appelé pour me demander de tes nouvelles au moment où j’écrivais cette lettre. Je savais que tu étais contrarié, que tu trouveras le temps long, surtout que nous végétions dans un système atypique, qui ne fonctionnait pas selon les normes ; mais profites-en, le temps n’en sera que plus court. C’était le moment idéal de penser à d’autres projets que tu avais mis en veilleuse ; fouille dans ton disque dur les informations que tu avais stockées, les petites phrases, les mots, les idées griffonnés sur une feuille de temps, tu m’en parlais depuis toujours ! Ta licence en droit étant renforcée d’une maîtrise en droit international et Action humanitaire, pense donc à ton doctorat. Silencieusement, tu attends et tu observes. Et, je serai là, coupable ou pas, même si je ne croyais pas un traitre mot de ce qu’on te reprochait ; nous étions amis pour la vie.

Personne, pas même le ‘’Bondieu’’ ni les metteurs en scène en panne d’inspiration ne pourra te salir ni t’enlever ce que tu avais de plus profond en toi. Je ris en terminant, je te vois là sous mes yeux, je secoue la tête d’incompréhension, parce que je n’arrivais pas toujours à comprendre ce qu’on te reprochait dans cette histoire singulière…

Pour te remonter le moral, laisse-moi t’expliquer comment j’avais compris la question.

En voyant Madame Nice Simon, actrice de son état ” Anne”, les yeux tuméfiés, visage fermé, l’air d’un être traqué, en entendant ses explications, les réactions étaient émotionnelles et les sympathies automatiques ; à travers elle, c’était un ensemble de victimes qui souffraient, un ensemble de blessures non cicatrisées qui saignaient mais surtout la peur d’être la prochaine victime. Heureuse situation pour la prétendue victime de Violence conjugale, le ‘’Momentum’’ idéal en vue de mettre dans le tiroir de l’OUBLI le dossier de Corruption à la Mairie de Tabarre requise par ULCC, si besoin était ; d’ailleurs nous n’en avions jamais entendu parler depuis. Bizarre !

Hé bien mon cher, pour avoir été fouetté dans notre enfance par nos parents, on savait comment les coups faisaient mal. On apprenait aussi chez les Frères de l’instruction chrétienne qu’il fallait se garder de mentir, car le mensonge entraînait des châtiments à n’en plus finir.

Lorsque, paradoxalement, j’avais entendu ton nom comme étant partie prenante d’un dossier de justice à Croix-des-Bouquets, j’avais mis du temps à comprendre que nous vivions dans une société, où tous les coups étaient permis pour assurer sa défense. De même, tous les moyens étaient bons, à qui voulait noyer son chien, en témoignait la décision ‘’Hâtive’’ du Ministère de la justice, au lendemain de ce feuilleton de violence conjugale.

Mais ce n’était qu’un son.

L’autre partie avait pris son temps certes, laissant libre cours à toutes les interprétations et scénarios, à tous les commentaires ; la conférence de presse du 21 janvier 2018, trois (3) jours après une première tentative ratée allait basculer une partie de l’opinion.

Yves Léonard lors de ses explications très émouvantes, supporté par des amis avait donné sa version des faits. Il s’inscrivait en faux contre les déclarations de sa concubine Nice Simon.

C’était vraisemblablement une affaire de Violence conjugale liée à des démêlées secrètes, inavouées, inconnues du grand public… Au fait, bien souvent les violences conjugales prenaient d’autres formes que les coups, surtout quand on ne les voyait pas venir. Gentils, attentionnés, prévenants, sécurisants, drôles dès les premiers instants, dès fois elles arrivaient dans la durée, après plusieurs années ; elles s’installaient dès la première injure ou mots déplacés ou encore soupçon d’infidélité, bien avant le premier coup ; les mots et gestes du quotidien préparaient le terrain.

Les dépendances s’installaient alors jusqu’à l’accoutumance et à partir de ce moment le mécanisme de déni et de justification entretenue par les victimes est voilé par le sentiment amoureux; désormais le couple ne tenait que grâce aux bons souvenirs ou la protection des enfants. Dès fois les excuses et les promesses de changement pesaient lourd dans la balance, solidifiées par des cadeaux. Des moments de flottement qui empêchaient toute décision immédiate.

Comme je te l’ai dit, les deux parties avaient donné leurs versions, à aucun moment je n’avais pas senti comment tu t’étais fait accuser jusqu’à perdre abusivement ton emploi, pas ton métier puisque tu étais un professionnel ; cependant qu’importe les complots ta neutralité, ton bon sens, ton humanisme, t’apporteront du bonheur un jour ou l’autre.

Néanmoins, je me suis posé la question : Qui se cachait derrière cette machination diabolique ? Qui t’en voulait à ce point ? Pourquoi il n’y avait aucune suite, pas de rapport comme prévu, pas de décision connue, malgré les nouvelles pistes, les révélations, les nouvelles données voire l’ordonnance du Juge d’instruction? Haïti, Haïti, le pays où l’impossible devenait possible!

Bref, de ton exil forcé, cher ami, j’espère de tout cœur que ta bonté, ta bienveillance t’ont accompagné et que tu faisais des heureux là où tu te trouvais.

Je ne me fais pas de soucis, même s’il faisait sombre partout dans notre quotidien, ton soleil brillera même sous les nuages et dans les pires des tempêtes.

A très bientôt, ton ami de toujours ! Gip, Gaspard I.PIERRE, le 31 janvier 2019

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