Éditorial

Éditorial

Le Mot de la Rédaction de Galaxie, par Raphaël Théoma Daniel…8 janvier 2019…

Kidnappé pour résistance à la Corruption…L’Histoire de Gérard…

Les ravisseurs étaient tous des jeunes ; ils provenaient tous de quartiers populaires ; ils avaient peur, dans leurs yeux on lisait un manque d’assurance ; ils doutaient, n’étaient pas fiers.

Ils m’ont mis un sachet de plastique de couleur noire sur la tête ; j’ai protesté à cause de mes yeux et de ma maladie d’asthme.

Ils ont accepté, mais m’ont intimé l’ordre de ne pas les fixer. Arrivé sur les lieux, j’ai découvert un univers sordide d’un quartier sale, sorte de charnier, trou à rats ou croupissaient des familles misérables, des enfants condamnés dès leur naissance, des jeunes dont l’avenir est toute tracée pour la délinquance, la criminalité ; les futurs hommes de sac et de corde, les futurs ennemis de la société.

J’ai essayé de comprendre avec tact, les raisons de mon enlèvement à travers une question.
– Pourquoi moi ; je n’étais pas riche, ne possédais pas de fortune ; j’étais un travailleur autonome, je dirigeais une petite compagnie.
– Vous savez déjà que nous obéissons aux ordres, m’ont-ils lâché de mauvaise grâce en guise de réponse.
– Aux ordres de qui, m’hasardai-je… ?
– Vous les connaissez mieux que nous ; nous n’avons reçu qu’un appel avec votre description et celle de votre véhicule, la route que vous empruntez ; nous ne dirons pas plus…
Ils m’ont soulagé de mon porte feuille ; comme je leur ai tourné le dos, j’ai entendu une bribe de conversations ; ils se partageaient l’argent trouvé en attendant de toucher leur récompense.

J’avais droit à un appel ; j’ai alerté ma fille pour lui dire que j’étais séquestré, mais que tout allait bien ; je lui ai indiqué ou se trouvait mon véhicule…

Le temps m’a paru long et mes pensées dansaient la danse de Saint Guy dans ma tête. Enfin mes vrais ravisseurs arrivèrent ; grosse surprise, tous des connaissances, des gens que je côtoyais tous les jours ; ils ne m’ont pas laissé le temps de m’indigner. Comme rançon pour ma libération, j’ai été forcé de jurer sur la tête de mes enfants que désormais, je fermerais les yeux sur certaines choses, que je ne les gênerais plus, que je cesserais de respecter la loi, surtout de ne plus payer des taxes à la DGI ; et comme message j’ai eu droit à ce slogan : j’étais trop petit pour changer le système.

Et ces gens n’étaient autres que des grands noms de la société, des familles aux dénominations ronflantes, étrangères que je voulais imiter, prendre comme modèle de réussite…

Ce que j’ai compris c’était que ces jeunes kidnappaient parce qu’ils étaient eux aussi des kidnappés de ce système, des kidnappés de ces hommes…

Et depuis, Gérard se pose cette question : Etait-il un Lâche… ?

Raphaël Théoma Daniel,
Philosophe/Communicateur…

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