Editorial

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Le Papier de RAFO, 19 juillet 2019 : Une Courtoisie de la ‘’Fondation Harry BRETOUS’’…

‘’Syad’’…

En créole, ce mot est employé pour expliquer un geste qui consiste à humilier quelqu’un en lui labourant le crane en glissant sa main d’un point à un autre et en pesant de toutes ses forces pour lui faire le plus de mal possible ; cela part du milieu de la tête au front, les plus cruels vont jusqu’au nez ; à titre d’exemple le pub de Mathias entrain de labourer le crane de Georges à l’intérieur d’une quincaillerie, par deux ‘’SYAD’’ rageurs ; Mathias ne lui pardonnait pas d’avoir menti.

La première signification de ce geste comme décrit plus haut est le sentiment de force ; le SYAD s’applique à des gens sur qui on a une complète domination ; est-ce pourquoi, il est courant que les enfants, les vulnérables, les maigrichons en soient les premières victimes.

Dans un autre contexte, on fait référence au SYAD pour expliquer la soumission d’une personne sous les diktats d’une autre jugée supérieure, importante. C’est aussi la même compréhension des rapports de force entre dirigeants et dirigés, entre gros et petits pays, entre présidents de grande puissance et présidents de pays de seconde zone ou république bananière.

À mesure qu’on évolue et qu’on ne se fortifie pas, on ne prend les moyens en vue de se faire respecter, on est exposé aux ‘’SYAD’’ ; et il n’y avait aucune règle pour mesurer sa violence ; seul le bourreau décidait s’il devait vous scalper ou non.

Plus on était de petite taille, plus le ‘’SYAD’’ prenait son importance et s’imposait comme un art, quoique cynique voire criminel, sur l’autre.

D’aucuns pensent qu’en Haïti nous sommes des éternels victimes de ‘’SYAD’’ ; et le dernier vient du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterrez dans son rapport amer sur les massacres de lasaline, carrefour feuille, dossier petro caribe, et l’impunité généralisée qui en est le corollaire.

La réaction désordonnée des responsables de la justice enregistrée après ce rapport prouve que le ‘’SYAD’’ a été violent et extrêmement douloureux ; le ‘’Blan’’, Antonio Guterrez avait semble-t-il la main dure et lourde.

Ceux qui en sont victimes souvent, développent avec le temps des maladies comme la calvitie, des maux de tête chronique, une perte progressive de la mémoire, des commotions cérébrales ; sans oublier un sentiment d’infériorité, une peur servile qui brimait tout élan.

Si c’en était vraiment un dans le cadre de ce rapport du secrétaire général de l’ONU: Ciel, Quel méchant SYAD !

Raphaël Théoma Daniel…
Journaliste/Philosophe/Conférencier
momplaisiraf@gmail.com

Remerciements à Mes Eddy-Paul Fleurant/Peter Reynold Delciné et le Jeune Barreau de P-a-P, UNASMOH…

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