Editorial

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Le Papier de RAFO, 21 juin 2019; une courtoisie de la Fondation Harry BRETOUS…

Livres en Folie: 25 ème rendez-vous raté pour Saintanize…

Même si Chantoutou n’avait pas classe aujourd’hui, occasion fête Dieu, Saintanize n’avait aucune chance de se rendre à Livres en folie; tout d’abord, elle avait du travail: griller le café de “Nennen” pour le lendemain, laver les chaudrons, assiettes, nettoyer la maison, balayer, ramasser, jeter les fatras, aider à préparer le souper du soir, puisque la situation politique empêchait les sorties nocturnes au restaurant.

Je n’ai pas vu aussi Ti Mamoune oubliée depuis la mort de son géniteur, ni Dieusibon dont le seul crime était d’être un nègre des mornes dont la présence à la capitale devait nous interpeller; qu’est-ce qu’il foutait à la en ville loin de son jardin, de son bétail…?

Je n’ai pas vu Istoimène, parce que pour accéder au site il fallait débourser 400 gourdes, elle gagnait 5 000 mille gourdes par mois, elle ne pourrait pas se payer ce luxe, même si elle ne savait pas lire, elle aurait pu faire un cadeau à son fils Johnny, mais impossible, 400 gourdes à l’entrée c’était trop cher pour elle.

Ce pays n’était pas fait pour tout le monde, il y avait une séparation, un mur visible qui délimitait les “Moun” des Choses comme au temps de l’esclavage. Tous les plaisirs n’étaient pas à la portée de madame, monsieur tout le monde, nous vivions dans une société collet monté, compartimenté qui définissait la place de chaque groupe d’individus.

C’est de ce système qu’il faut débattre, c’est cette injustice, ce rejet qu’il faut combattre; ce sont ces informations qu’il faut diffuser, ce sont ces images qu’il faut mettre en évidence devant le blanc vous qui avez des laisser passer pour le rencontrer dans des places interdites aux Saintanize, Ti Mamoune, Ya bezwen, Asefi…

Notre propos est un constat et un cri en même temps. Les satisfactions étaient trop stéréotypées; nous avions quitté la recherche du sens de la vie, pour contrôler nos dividendes; du moment ou il n’y avait pas de perte, nous étions satisfait même si nos projets tournaient autour du même public toutes les années.
Saintanize, Dieusibon, Y’a Bezwen, Asefi, Ti Mamoune ce pays n’était pas fait pour vous; et ceux qui se battaient ne se souvenaient même pas de votre existence…

Encore des rendez-vous ratés, sauf que cela ne dérangeait pas, car vous n’aviez jamais été comptés. Vous étiez des choses taillables et corvéables à la disposition du Maître comme les nouveaux Colons semblent vouloir nous le rappeler ces derniers jours.

Raphaël Théoma Daniel
Momplaisiraf @gmail.com

Remerciements à Me Peter Reynold Delcine/Eddy Paul Fleurant, le Jeune Barreau de PaP, UNASMOH…

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