Editorial

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12 janvier 2010-12 janvier 2020: une décennie ratée

Par Ralph Thierry Cadet

À moins que ce serait un choix délibéré d’une personne de passer l’éponge sur un fait (survenu dans le passé) , parce que ce dernier a laissé des marques indélébiles dans sa vie, et que celle-ci en revanche pour s’en affranchir, a tout bonnement envie d’oublier – mais quel haïtien qui a vécu les épisodes d’une catastrophe réelle dans sa chair, et qui ne peut s’en passer des séquelles ne se souvienne pas de la fameuse date du 12 janvier 2010, laquelle date a engendré presque le déclin de tout un peuple à cause d’un séisme dévastateur qui eut lieu ce jour-là et qui a laissé dans son sillage un pays en friche, difficile de se relever depuis.

Si en Haïti le devoir de mémoire n’est pas une pratique qui est assurée par les Institutions du pays, mais le gros du peuple lui s’en rappelera pendant longtemps du passage du tremblement de terre du 12 janvier de l’année 2010, en raison des dommages qu’il a laissé derrière lui. En effet comme un hécatombe, ce séisme a failli engloutir le rêve de toute une nation, si ce n’était la bonne volonté de la grande majorité de la population de rester debout et de continuer à combattre pour survivre.

En effet, le bilan humain et matériel a été bien-sûr catastrophique. Selon les chiffres officiels, plus de 200 mille personnes ont été englouties sous les décombres, des milliers d’habitats détruits ou endommagés, et des dizaines de milliers d’autres personnes traumatisées par l’ampleur des dégâts, sans compter les mutilés. Quelle horreur!

Mais malgré ce lourd tribut, c’est plutôt la gestion qui sera faite de l’après-séisme qui va indigner plus d’un, et porter beaucoup à réfléchir sur la compétence des hommes politiques à diriger le pays.

En effet, l’État qui devait s’arranger pour porter secours à ses citoyens victimes de l’horreur du séisme, se trouvait dans l’incapacité de prendre cette responsabilité. Il a fallu l’aide urgente de l’International pour porter main forte au pays, et à la population aux abois.

Plus tard, on connaît toutes les démarches qui ont été entreprises par les pays dits amis d’Haïti et les représentants des organisations non gouvernementales (ONG), pour essayer de faire face aux conséquences désastreuses du tremblement de terre.

Des réunions par çi par là notamment celles de New-York ont été organisées en vue du déblocage de fonds nécessaires à la reconstruction du pays. C’est en ce sens que la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti ( CIRH) allait voir le jour. Les milliards promis par la Communauté internationale devaient passer par cette organe. Mais dix après, quel résultat?

À part les délocalisations de milliers de personnes qui étaient sous les tentes ( sortes de bâches en plastique le plus souvent), et la construction de quelques édifices publics, la plupart non achevés, la vie des haïtiens comme jadis en 2010 n’a pas changé. L’État haïtien n’a pas pu profiter du cataclysme pour entamer de profondes réformes au sein de l’Administration publique et pratiquer une bonne gouvernance. Qui pis est, l’argent qui était destiné à la reconstruction du pays a été volatilisé sans pour autant atteindre les objectifs fixés.

Depuis la catastrophe, le peuple a été berné, sacrifié pour le bien de quelques personnes. Aujourd’hui, la déception est palpable. Il ne reste maintenant qu’a panser les plaies, à auditer sur l’argent gaspillé, et à penser a prendre en main le pays. 10 ans après, le pays ne fait que revivre son passé, malheureusement.

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