Éditorial

Éditorial

Le Papier de Rafo, 15 avril 2019. Une courtoisie de la ‘’Fondation Harry Bretous’’…

Je préfère la mort que de retourner dans mon pays…

‘’Au secours, au secours, je ne rentre pas dans mon pays…mettez-moi en prison, je préfère la mort, je ne rentre pas dans mon pays, je ne monte pas l’avion…s’il vous plait monsieur…

Tels sont les propos lancés au milieu des cris de détresse, des hurlements qui vous qui vous faisaient frissonner, d’un compatriote Haïtien dans un aéroport étranger à qui on venait de refuser le droit d’asile ; dans son agitation, les agents ont été obligés de le ligoter pour l’embarquer, comme le recommandait la procédure en pareille situation.

Si pour certains l’exil était impie, une sorte de punition extrême, une malédiction, se voir obligé d’abandonner la terre qui t’avait vu naitre ; pour ce compatriote c’était le contraire.
Ce qui poussait une personne à haïr avec autant de force son pays, son alma mater devrait être assez grand ; puisque l’expérience nous démontrait qu’on était mieux et bien mieux que chez soi.

Cette scène d’horreur, appelons-la par son nom, devrait nous interpeller une fois de plus. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quel mauvais sort avait-on jeté à cette terre bénie pour la désacraliser en si peu de temps au point de vivre cette scène irréelle.

Et pour cause, les autres nations nous dénigrent, placent notre pays dans la catégorie des zones dangereuses, nous l’acceptons servilement. Haïti n’est pas plus à risque que ces pays qui nous lynchent sur la scène internationale pour consolider leurs hégémonies et leurs richesses ; malheureusement on ne l’a pas compris et ce n’est pas demain la veille qu’on le comprendra.

Ce compatriote fait partie des apatrides involontaires, forcés de se renier, de renier leurs pays comme le font ceux qui dans leur sphère d’action en tant que dirigeants employaient toutes les astuces pour transformer un paradis en lieu de torture.
Préférez-vous la mort au lieu de vivre dans votre pays, comme ce compatriote qui dans un moment de peur disait préférer la mort que d’y retourner… ? Et pour répéter Victor Hugo : Oh n’exilons personne ! Oh l’exil est impie…

Le Changement du Système tant souhaité passait aussi par là…

Raphaël Théoma Daniel…
Journaliste/Philosophe/Conférencier
momplaisiraf@gmail.com

Remerciements à Mes Eddy-Paul Fleurant, Peter Reynold Delcine et le Jeune Barreau de P-a-P…

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