Editorial

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Le Papier de Rapho, 26 mars 2019…

Haïti vs Cuba: Un Goût Sucré Salé…

Peut-être que dans l’envie de trop bien faire, les dirigeants de la FHF avaient péché par excès. Mais les émissaires de la FIFA veillaient au grain, et déjà la réalité nous revenait comme un boomerang ; oui Haïti avait gagné et nous étions tous contents ; le pays avait besoin de respirer, le pays courrait après une autre parole ; sur le terrain nos grenadiers avaient changé la donne, pour nous présenter un rêve longtemps caressé.

Nous avions jubilé, chanté, sympathisé, ri ; mais une joie de courte durée ; puisque déjà l’entrée au stade, les services nous ramenaient à notre corruption, notre déchéance, notre crasse.

Le stade était vieillot, trop petit, pas approprié ; nous avions au milieu de l’euphorie, manifesté aussi notre colère en même temps. La ‘’Presse’’ de la ‘’Corruption’’ n’en pipa mot. Et pourtant ces gens faisaient partie de cette masse victime des problèmes de cherté de la vie et d’inflation conséquences des problèmes Structurels, taux de change, instabilité, mauvais choix …

Le but d’anthologie et une passe décisive du numéro 9 Haïtien Dukens Nazon le ‘’Chouchou National’’ qui avait séduit tout un peuple, était immortalisé dans l’histoire…

Cependant, comme il fallait s’y attendre le dossier de la dilapidation du fond petro était revenu au devant de la scène, surtout l’affaire des 25 stades construits sous l’administration Martelly/Lamothe. C’était le temps de rendre des comptes et de trouver la trace de ces 25 infrastructures sportives, dont le pays avait tant besoin; car avec cette qualification pour la ligue A de la Concacaf, Haïti aura à croiser le fer avec les grosses pointures de la Zone comme le Mexique, les Etats Unis, le Costa Rica; nous avions décidé de placer la barre haute et de jouer dans la cour des grands, nous devions assumer nos choix.

La nécessité de doter le pays d’un ou de plusieurs stades plus conséquents étaient indiscutable. Est-ce pourquoi, ils dénonçaient à temps et à contretemps, la gloutonnerie des autorités, principalement les dilapidateurs du fond Petro Caribe.

D’aucun se demandait comment les autorités, ou la perception qui s’en dégageait lors de la préparation du match, pensaient qu’elles auraient pu empêcher aux gens de revendiquer, alors que le simple besoin était transformé en luxe, en ‘’mirage’’ bien que réel ?

La Population traînait sa misère, son mal d’être partout; difficile de l’inviter en lui ordonnant de porter un masque…

Quand on voulait empêcher à un enfant de pleurer on lui donnait du lait et à manger ; quand on voulait ‘’Museler’’ un peuple on satisfaisait ses besoins, en commençant par les plus élémentaires, c’est à dire les besoins de base.

Le football qu’on aimait, qu’on appréciait, devrait contribuer au développement, au rayonnement, à l’honneur, à l’honnêteté, à la propreté, au civisme, au sentiment d’appartenance…

Au lendemain de cette belle victoire, il nous restait à la bouche un arrière goût, comme celui d’avoir sauté d’un avion en plein vol sans parachute…

Raphaël Théoma Daniel…

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