Éditorial

Éditorial

Le Papier de Rapho, 15 mars 2019…

Voir la Mort en face…

Tout le monde redoute sa fin. Que de questions, que d’arrogance aussi. Memento mori, « souviens-toi que tu vas mourir »… Cette phrase était courante dans la Rome antique ; une façon adroite de rappeler aux généraux victorieux qu’ils étaient des hommes et non des Dieux ; une façon aussi de rappeler à tous qu’il fallait bien remplir son temps durant notre passage sur la terre.
C’est à dire qu’il fallait bien vivre et aider les autres à en profiter.

On vivait tout en sachant qu’on devait mourir un jour ; mais on prenait toutes les précautions afin de repousser l’échéance le plus possible par des cures de jouvence, des diètes, des visites régulières chez médecins, gourous, sorciers et autres.
Personne ne souhaitait mourir, ou du moins pas avant de l’accepter.

Dès fois on rencontrait des personnes atteintes de maladie incurable qui comprenaient le sens de la vie le jour où ils avaient appris que leurs jours étaient comptés.

Et si nous savions le nombre de jours qu’il nous restait à vivre ? Imaginez ce que vous feriez de ce temps pour vivre pleinement.

Je suis sûr que les dirigeants changeraient de discours, sûr que des gens de l’opposition adopteraient un autre comportement, que les gens de la classe possédante seraient plus fraternels, que les assassins comprendraient le coté sacré de la vie. On serait vraiment ‘’HUMAIN’’.

C’est cette chance que Vladimir Legagneur n’avait pas ; cette chance que Jean Dominique, Junior Aristile le CASEC de la 3eme circonscription, tous les assassinés de la folie, de la méchanceté.

Quand on faisait face à la mort violente, comme lors du crash de l’Ethiopians Airlines, comme lors de l’enlèvement de Félix Lamy, comme lors des séances de tortures mortelles à fort dimanche ; lorsqu’on assassinait ce jeune sur le charnier au bord de la mer ; dans un laps de temps on vivait l’angoisse, l’agonie des mourants.

Il n’y avait pas de plus grande violence que de se voir mourir, sans pouvoir se défendre, comme c’était le cas pour des milliers d’entre nous dans notre quotidien incertain, de vivre en personne la violence bestiale de sa fin tragique…

Et si on s’obstinait à célébrer le jour qu’on vivait en vue de rendre meilleur le lendemain même si on ne serait pas certain d’en profiter personnellement.. ?

Raphaël Théoma Daniel…

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