Éditorial

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Le Papier de Rapho, 12 mars 2019…

Carême Politique… Un Sénateur prend la Sainte Cène…

La photo montre un sénateur entrain de recevoir l’hostie lors de la communion au cours d’une messe ; tout de suite, un commentaire : ‘’Pou sa Neg sa yo fe nan peyi-a, legliz fini vre’’.

Ce commentaire était plus qu’un constat, c’était un jugement. Nos actes nous suivaient. Je ne connaissais pas ce sénateur personnellement tout comme la personne qui avait émis le commentaire, mais il était pertinent ; il transpirait une idée connue ; personne ne pouvait se cacher, même au delà de la mort on parlera de nous, de nos actes.

L’eucharistie ou la sainte Cène, ‘’CENA’’ était le repas spirituel auquel tous les croyants étaient conviés ; tout le monde indistinctement y avait droit ; principalement les plus faibles, ceux qui étaient à bout de force et qui peinaient ; les brebis égarées qui trainaient et qui ne pouvaient pas suivre le rythme du troupeau.

Il permettait de reprendre des forces pour résister aux tentations de vendre de la drogue qui anéantira l’avenir des jeunes, tentations de voler l’argent du trésor public pour ses satisfactions personnelles et laisser mourir de faim la masse, tentations de ne pas respecter sa parole et de chercher à tromper autrui en se moquant de tout le monde, tentations d’empêcher à l’autre d’exprimer ses frustrations, tentations d’éliminer, de tuer…la liste des tentations étaient longues…

Il y avait aussi un ‘’Carême Politique’’ ; le temps de la Pénitence Politique, le temps du Jeûne Politique, du Silence, de la Sincérité Politique…

Les croyants n’étaient pas des idiots qui se réfugiaient dans une utopie, des ‘’marie couche-toi-là” ; c’était pour la plupart des gens en colère qui priaient en silence ; vous ne saviez pas ce qu’ils disaient, ce qu’ils pensaient de leurs oppresseurs, de leurs bourreaux ; il suffisait de lire les psaumes de David…

Comme un encens la prière du pauvre, les complaintes de la veuve, les soupirs des jeunes, les cris des orphelins, les lamentations des prisonniers montent, montent, montent et remplissent les nuées qui se changeront en éclairs de colère, en pluies de vengeance tôt ou tard, sans la répartition des richesses, sans justice.

Ne fermons pas les portes des églises, donnons la ‘’Cena’’ à tous ceux qui avaient tout pris, tout raflé, trop mangé et qui malgré tout avaient toujours faim de spiritualité, comme ce ‘’Riche Sénateur de la République’’.

Les 157 morts de 35 nationalités différentes dans le Crash d’Ethiopian Airlines font remonter à la surface les questions sur la fiabilité du Boeing 737 MAX et sur la fiabilité tout court ; tout comme le dernier assassinat de Gladys DUPONT, propriétaire de Christina Fleurs survenu samedi au centre ville faisait ressortir notre fragilité.

Les cadavres dans nos rues étaient des représentions vivantes des croix plantées dans notre quotidien où les crucifiés n’étaient autres que les oubliés des budgets et autres planifications institutionnelles. …

Raphaël Théoma Daniel…

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