Éditorial

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Le Papier de Rapho, 7 mars 2019…

La Véritable Mission de David Hale en Enfer…

Les Autorités Américaines vivaient une angoisse permanente dans le cas d’Haïti. Pourquoi elles n’étaient pas aimées comme le sont d’autres pays qui avaient des relations avec Haïti?

Elles avaient posé la question à bien des gens et la posent encore. La visite du sous secrétaire d’État Américain aux affaires politiques était un élément de réponse à cette question peut-être. Car dans le communiqué de presse de l’ambassade américaine, il était clairement dit: le gouvernement des USA encourageait les efforts déployés pour engager un dialogue inclusif et sérieux et attend avec impatience la tenue d’élections parlementaires et locales honnêtes, transparentes au mois d’octobre qui aideront à canaliser les changements à travers les urnes et non par la violence. Et Toc…

Haïti était un pays de violence, même si aucune tuerie n’a été enregistrée comme ce fut le cas aux USA ou depuis le début de l’année, 235 ont eu lieu en 238 jours ; les États-Unis étaient la nation qui comptait le plus de fusillades de masse dans le monde en nette augmentation ; partout, dans les écoles, les églises, les bars, les armes sonnaient le glas, pourtant c’est le nom d’Haïti qu’on retrouvait dans la liste des pays violents à éviter.

C’était clair dans la tête de ces gens et les nouvelles dispositions pour placer le pays dans la zone 4 des pays extrêmement dangereux: l’Enfer était ici.

Les ‘’Anges ne vivaient pas en enfer’’.
Et comme l’enfer était habité par des démons, il fallait l’éviter. Pour cela des dispositions devrait être prises pour le transformer ; quoi de mieux d’envoyer des émissaires en mission.

Le temps était compté désormais; en plein mois de mars, il ne nous restait que 6 mois; oui 6 mois pour colmater les brèches, 6 mois pour reconduire les mêmes parlementaires ou en voter de nouveaux sans au préalable régler les problèmes du CEP, vider les contentieux liés à cette 50ème législature décriée, sans au préalable résoudre la plaisanterie, le non sens légal qui permettait à ‘’20 Personnes’’ de former un parti politique.

Même les parlementaires reconnaissaient que le parlement constituait un handicap majeur pour le renforcement des institutions ; cependant, les choix ne dépendaient plus de nous ; il y avait une feuille de route à suivre si nous voulions passer de Démons à Anges?

La Mission du sous secrétaire américain traçait déjà la route à suivre; elle était la même que nous suivions depuis des décennies, la même sur laquelle nous nous perdions, et que nous étions invités à pourscertaines

o, Adelante, Allez, Tet Dwat.

Le chemin qui faisait de nous des démons qui habitaient un enfer qu’il fallait exorciser.

Trompés volontairement ou abusés, nous développions un comportement de bête traquée, qui se cabrait à la vue de la corde du dompteur au visage fermé, même s’il souriait.

Il apparaît clairement que la Mission n’avait pas de véritable mission. Si c’était forcer des démons-opposants à s’asseoir pour continuer dans le déjà vu, les résultats étaient connus d’avance, ils avaient accouché de ce monstre qui hantait nos espaces vitaux et nous plongeait dans l’angoisse comme celle des ” puissants et riches voisins face à cette distance ingrate jugée injuste malgré toute la générosité visible dont ils faisaient montre.

David Hale, était porteur de messages sans équivoques : Ca suffit. Le Président Jovenel Moïse l’avait repris à sa façon, en le remerciant pour le support des USA en vue de trouver une formule de dialogue pour l’organisation des élections dans les temps; il était trop risqué politiquement de produire deux (2) Juan Guaido dans le même espace.

Un vrai marron ne se laissait pas enchainer, ne disait jamais oui, un vrai marron ne se laissait pas regarder dans les yeux; c’était lui qui percevait le mensonge des autres, il possédait ce don naturel.

Peut-être que les réponses n’étaient pas bien loin et pas bien difficiles à trouver; il suffisait d’observer l’inégalité criante dans le pays en même temps avec quelle joie que des Haïtiens accueillaient les nouvelles faisant état d’annulation de visas américains de certaines personnes. La place de ces gens était ici en enfer et pas au paradis des pays étrangers réclamaient-ils.

On savait, eux aussi savaient, voilà pourquoi la Mission était viciée à la base.

Il revenait à nous de savoir qui nous étions? Ce que je savais c’était que nous n’étions pas plus Démons que les Autres…

Raphaël Théoma Daniel…

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