Éditorial

Éditorial

Le Papier de Rapho, 4mars 2019…

Le Sénateur Salomon, ce petit Nègre snobé dans son département…

Il n’est pas Reginald Boulos, il n’est pas Marteen Boute, il n’est pas l’un des membres du secteur des affaires; il est un petit nègre, qui a trimé dur sur les bancs de l’école pour ne pas finir dans la rue comme des milliers d’autres qui le ressemblaient.

Dans combien de ville du pays, Sweet Miky devrait-il se rendre pour lever des défis, pour déverser ses insanités, labourer les entrailles des mères de ses adversaires, déshumaniser des femmes, humilier des nègres aux nez aplatis, cheveux crépus, aux prénoms singuliers durant ces 3 jours, récupérés par des pseudos musiciens pour la plupart, parce qu’un musicien c’était quelqu’un qui avait d’abord étudié la musique et avait un lieu de ressourcement, une spiritualité…

Comment un petit Nègre avait-il osé défier un puissant dans un pays ou la loi du plus fort faisait office d’évangile?

D’ailleurs les exemples était là, quand il s’agissait de faire entendre raison même au plus effrontés.

Quand vous étiez puissant, quand vous aviez le bras long, vous faisiez peur, vous intimiez l’ordre comme bon vous semblait, et les autres n’avaient qu’à battre en retraite.

Jean Marie Salomon n’était pas à la tête de grandes entreprises, c’était un petit sénateur placé dans un espace de pouvoir qui ne comprenait pas grand chose à la politique, aux jeux d’intérêt et surtout aux stratégies en politique.

Il venait de permettre à un homme en disgrâce de sortir de son trou et creuser encore plus le fossé de la division, ce qui ne manquera pas de rendre plus difficile la recherche d’une solution à la crise haïtienne.

Une sortie qui ajoutait un caillou supplémentaire dans les bottes déjà trop lourdes du président Jovenel Moïse qui s’accrochait aux moindres espoirs, s’adressait aux hommes, aux esprits, aux dieux, pour garder la tête hors de l’eau et éviter d’être emporté par le courant impétueux des revendications.

Nous étions aujourd’hui des perdants, mais pas des désespérés; il y avait toujours le bout du tunnel des déceptions quelque part, l’essentiel était d’y croire.

Ce carnaval et ce qu’il charriait cette année, nous mettait devant le fait accompli; l’État haïtien était plus que défaillant il n’existait pas.

Il n’y avait aucune cohérence, aucun suivi, chacun était libre de décider, d’improviser; l’État comme un idiot signait, acquiesçait, accompagnait.

Le problème dépassait l’organisation ou non de festivités carnavalesques dan un moment de grave crise ou inapproprié, mais elle mettait à nu nos incapacités, nos courtes vue, aussi la profonde et éternelle lutte de classe qui traversait notre société.

Oui, il y aura une fois de plus gaspillage, pot de vin, distribution d’argent, attaque personnelle, perte en vie humaine accidentelle et planifiée avec en prime l’affaiblissement des institutions prises en otage par ceux qui sont payés au prix fort pour les renforcer.

Jean Marie Salomon n’était qu’un petit nègre, de surcroît sénateur de la 50eme législature décriée pour corruption, incompétence, inutile, “budgetivore”, pris comme cible par un ancien président responsable lui aussi de la descente aux enfers de ce joyau d’hier qualifié aujourd’hui de tous les noms déshonorants, dégradants dont certains malgré tout en tiraient profit.

Une fois de plus derrière nos téléphones, nous nous rangeons dans le camp de nos intérêts et oublions l’essentiel : Il n’y avait pas de la place pour tout le monde dans cette société d’apartheid non déclarée.

On dirait que ceux qui avaient annoncé leur retrait dès 2018 sonnaient déjà le glas de ces festivités comme des diseurs de bonnes aventures.

Les lendemains enchanteurs sont loin, bien loin de nos espérances dans ces conditions.

Dommage que les jeunes continuaient à se taire et laissaient le champ libre aux agents de la déstabilisation de la morale et du grand Bien…

Raphaël Théoma Daniel

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