Éditorial

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Le Papier de Rapho, 25 février 2019…

Le Boulevard de la Vente aux plus Offrants…

Dans le nord-est du pays, en empruntant la route nationale numéro 6 aux environs de Terrier Rouge une odeur pestilentielle vous prenait à la gorge et emplissait l’habitacle de votre véhicule climatisé; si vous voyagez en public dans les conditions que l’on connaissait en matière de transport en commun, cette odeur vous assommerait comme si vous aviez reçu un méchant uppercut en plein visage.

Et si vous étiez braves et curieux, en ralentissant vous aperceviez la montagne de mouches comme un essaim qui bourdonnait sur une carcasse d’animal mort dans un champ, victime d’une sécheresse meurtrière et sévère qui s’était abattue sur le département depuis plus de 3 mois. Les puits étaient à sec, les rivières tarissaient. La population aux abois achetaient de l’eau au prix fort pour leurs besoins quotidiens; 25 gourdes pour un récipient de 5 litres.

Les paysans sans secours livrés à eux-mêmes, s’empressaient de tuer leurs bétails de subsistance, synonyme d’économie, pour ne pas tout perdre; ce qui baissait considérablement le prix de la viande au niveau des abattoirs de la zone.

Mais vous n’entendrez pas parler de ces choses singulières dans les radios, sur les réseaux, trop concentrés à traiter d’autres dossiers jugés plus utiles.

Nous étions trop préoccupés par la vente aux plus offrants sur le boulevard de nos complots, que nous ne prenions pas le temps de descendre les vitres teintées de nos 4×4 rutilantes pour voir, entendre, comprendre.

Et quand on nous barrait la route de la réussite personnelle comme c’était le cas lors de manifestations de colère, nous utilisions Pelles, balais, tracteurs, hommes en bleu de travail, en vue de débarrasser la chaussée, nos “autoroutes” des affaires, nos “boulevards” des compromis de toutes formes de carcasses, de barricades dressées. La Misère avait ses clients tout comme le “LOCK”.

J’avais cherché à comprendre sans grands résultats pourquoi il ne pleuvait pas, de même que je me cassais la tête pour interpréter le silence des autorités sur un ensemble de questions et de questionnements d’hier et du moment.

Combien de tête de bétails devrait
vendre un paysan du nord-est au rabais avant de trouver de l’argent pour payer un faiseur de miracle pour entamer la danse de la pluie avant de mourir de soif lui aussi au bord du boulevard de l’indifférence et de la vente aux enchères…?

Raphaël Théoma Daniel…

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