Éditorial

Éditorial

Le Papier de Rapho…

5 février 2019…

Black Alex…’’M Pap Ay Anko’’…

On ne peut pas laisser ce terrain aux renégats, ni aux profiteurs inconscients.

Black Alex de son vivant était connu pour sa vie tumultueuse ; il était aimé pour ce qu’il représentait, un jeune artiste venu de nulle part qui faisait danser, rire, rêver ; d’autres s’en sont servis pour s’enrichir.

Il s’est laissé manipuler par ce système et quand le moment venu, ou il ne représentait plus rien, il ne faisait plus gagner de l’argent, il a été lâché, largué, oublié et même diabolisé ; l’ange d’hier a été rétrogradé au rang de démon.

Dans sa chanson ‘’m Pap Ay Anko’’, il a lancé un cri ; il avait enfin compris dans quel guêpier il s’était fourré ; il a eu la clairvoyance de dénoncer ce système, ces gens, même si c’était trop tard pour lui.

Dans nos sociétés occidentales, nous sommes réduits aujourd’hui à chercher des solutions individuelles à des problèmes collectifs créés, engendrés socialement. Notre société individualisée nous pousse à des actions en vue de faire ressortir notre moi et concentrer le monde, le pouvoir, l’argent entre les mains de quelques individus.

J’entends encore la voix de Pierre Bourdieu : s’il y a une chance de résoudre des problèmes engendrés socialement, la solution ne peut être que collective ; mais au soir de sa vie, Black Alex s’est retrouvé bien seul face à ses nombreux questionnements.

Non nous ne voulons plus être ‘’Ay’’, pour répéter Black Alex ; nous ne voulons plus nous laisser embrigader, nous ne voulons plus être ”Ay”, nous ne fumerons plus, nous ne prendrons plus ces substances, transformées en produits alimentaires, en paroles, en promesses, que ces gens des fois nous servent parce qu’ils savent que c’est le moyen le plus sûr de nous contrôler et de nous réduire à l’état d’esclaves et d’éternels consommateurs.

On ne peut pas laisser ce terrain aux renégats, ni aux profiteurs inconscients ; ils se serviront de nous, nous empoisonneront, comme ils l’ont fait, le font et s’apprêtent à le faire.

Raphaël Théoma Daniel…

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