Économie

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​Le chômage: un fléau! 

Réflexion Économiste : Ferdinand Robenson

Rubrique Économique : Toute la ville en parle!
Tous droits réservés  26/05/2018, @Radyo Tele Idantitew

La création d’emplois et, par conséquent la lutte contre le chômage, figure parmi les quatre (4) objectifs de politiques économiques conjoncturelles définis par la théorie du carré magique de l’Économiste anglais Nicolas Kaldor. Étymologiquement, le mot *chômage* vient du latin *caumare* qui signifie se reposer pendant la chaleur ou du grec *kauma* qui signifie chaleur brûlante. En tout cas, ce mot désigne la situation d’une personne qui, souhaitant travailler et ayant la capacité de le faire, se trouvant sans emploi malgré ses recherches. 
En ce qui a trait aux causes et aux conséquences du chômage, les économistes sont vraiment divisés. Pour les classiques, le chômage est dû à un salaire réel trop élevé qui engendre une offre de biens et de services insuffisante pour répondre à la demande de biens et de services parce que la faiblesse de la rentabilité n’incite pas les entreprises à produire davantage. Les keynésiens par contre considèrent que le chômage est dû à une insuffisance de la demande globale anticipée sur le marché des biens et de services. L’économiste libéral Jacques Rueff s’oppose fortement à l’influence des idées keynésiennes à partir des années 1930. Il développe une approche classique du chômage en montrant le lien existant entre le niveau des salaires et le taux de chômage en Grande Bretagne. Rueff critique l’intervention de l’État et des syndicats dans la formation des salaires, perçue comme une entrave à la concurrence et à l’ajustement à la baisse du prix du travail. Le chômage s’explique alors par un niveau trop élevé de salaire minimum. 
Le chômage de masse est un fléau économique, politique et social qui concerne toutes les catégories socioprofessionnelles. Ses conséquences directes et indirectes concernent les demandeurs d’emploi et les salariés en poste qui ont peur de perdre leur emploi. La première conséquence du chômage est la perte du pouvoir d’achat et l’endettement des ménages (incapacité de satisfaire leurs besoins primaires). Une autre conséquence du chômage est la perte du lien social. En effet, l’entreprise étant le principal lieu de socialisation du salarié, la perte de l’emploi s’accompagne de la perte du réseau et du lien professionnel qui permettent la satisfaction du besoin d’appartenance (besoin secondaire). Le statut de chômeur étant dévalorisé, il influence fortement l’image et l’estime que l’individu a de lui-même. Enfin, le chômage affecte la santé physique et psychique du chômeur car l’identité, le statut social et le sens de la vie de l’individu étant étroitement liés à la pratique quotidienne d’une activité professionnelle. Ainsi, le chômage de longue durée risque de provoquer un effondrement de sa personnalité et de son équilibre psychique. 
La lutte contre le chômage passe par trois grandes catégories de solution: 

1-réduire la productivité du travail et donc augmenter l’emploi nécessaire pour répondre à une demande donnée. 

2-stimuler la demande effective via une politique budgétaire expansionniste afin de produire plus. 

3-réduire le temps de travail moyen des travailleurs. 
En somme, en dépit de leurs nombreuses divergences sur les causes et les conséquences du chômage et, les stratégies permettant d’y remédier, tous les économistes s’accordent sur la nécessité de lutter contre ce fléau. On se rappelle qu’en Haïti, le taux de chômage est très élevé  (40.6% en 2010). Les décideurs politiques et économiques doivent mettre en oeuvre un plan [efficace] de lutte contre ce satané virus. Le cas contraire, ils devraient s’attendre à une augmentation des tensions sociales récurrentes  (grèves, manifestations populaires,…), plus de déséquilibrés et de sadiques, la déstructuration des liens familiaux et, par conséquent, l’augmentation de la délinquance juvénile et de la prostitution.

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