Économie

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Déficit commercial: un cancer en phase terminale pour Haïti !

Réflexion Économiste Ferdinand Robenson

Rubrique Économique : Toute la ville en parle!

Tous droits réservés  20/05/2018, 
@Radyo Tele Idantitew

Le commerce international se définit comme l’échange de biens et de services entre deux ou plusieurs pays, lequel est matérialisé à travers les exportations et les importations.  Dans ses échanges internationaux avec le reste du monde, un pays peut enregistrer soit une  déficit commercial, c’est-à-dire ses exportations étaient inférieures à ses importations; soit un excédent commercial; dans ce cas,  ses exportations étaient supérieures à ses importations ou il peut enregistrer un balance commerciale équilibrée. Dans ce dernier cas, ses exportations étaient égales à ses importations.
Suivant la théorie du carré magique de Nicolas Kaldor, les objectifs de politiques économiques conjoncturelles sont au nombre de quatre (4). En effet, les décideurs politiques et économiques doivent combattre le chômage; stabiliser les prix; promouvoir la croissance économique et rechercher une balance extérieure équilibrée. On se rappelle qu’il existe des politiques économiques structurelles ou des réformes qui sont applicables aux problèmes économiques aigus et, des politiques économiques conjoncturelles utilisées pour des problèmes chroniques.
Depuis  plusieurs années, Haïti ne cesse d’enregistrer des déficits commerciaux, lesquels ayant des conséquences néfastes sur la situation socioéconomique du pays et de la population. Les causes de ces déficits commerciaux sont multiples. Dans cette réflexion,  nous allons analyser quelques unes, présenter  certaines conséquences et proposer  une piste de solution aux décideurs dans la perspective de rééquilibrer notre balance extérieure. 
La première et sans doute la plus importante cause de notre déficit commercial réside dans la faiblesse de la production nationale. Suivant la théorie des avantages absolus d’Adam Smith, chaque pays doit participer dans les échanges internationaux en se spécialisant dans la production des biens pour lesquels il dispose d’un avantage absolu. A défaut d’avoir d’avantages absolus, un pays doit alors se spécialiser en fonction des avantages comparatifs selon David Ricardo. En Haïti, nous avons des matières premières qui auraient pu nous conférer des avantages comparatifs. Toutefois, nous avons pas mal de lacunes dans les technologies et le savoir-faire. En conséquence, notre économie n’est pas compétitive car elle ne bénéficie par d’économie d’échelle… Qui pis est, les dirigeants n’ont aucune politique  commerciale claire… Nos exportations sont médiocres. A l’inverse, nous importons beaucoup de biens et services finis (produits manufacturés). 
Cette situation n’est pas sans conséquence sur le niveau de bien-être de la population. En effet, les producteurs haïtiens, qui étaient déjà et qui sont encore victimes des séquelles du dumping étasunien, sont ruinés, la production nationale diminue, le taux de chômage augmente avec son cortège de pauvreté, de délinquance juvénile, de prostitution et d’insécurité grandissante… par ailleurs, puisque les importations se font en dollars américain, cela exerce davantage de pression sur la gourde qui subit déjà des pressions multiples… Ainsi elle se déprécie…
Que faire? Il esixte deux grandes catégories de politiques commerciales: le protectionnisme et le libre échange. La première repose sur l’érection de barrières à l’entrée  (tarifs douaniers, Restrictions Volontaires à l’Exportation, quotas…), la seconde par contre réside dans l’élimination des barrières à l’entrée… Tenant compte du contexte géopolitique actuel et de la réalité économique interne, nous proposons aux décideurs d’entreprendre des réformes profondes dans les structures de l’économie haïtienne tout appliquant un protectionnisme intelligent pour reprendre la mots de Madame Ségolène Royal.

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