Économie

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​Accès au crédit en Haïti: un cercle fermé! 

Réflexion Économiste Ferdinand Robenson

Rubrique Économique : Toute la ville en parle!

Tous droits réservés  20/05/2018, 
@Radyo Tele Idantitew

L’épargne peut être définie comme la part du revenu qui n’est pas consommée immédiatement. Tous les économistes acceptent que l’épargne est une bonne chose pour l’économie. Toutefois, de l’avis de John M. Keynes, trop d’épargne peut nuire au bon fonctionnement de l’économie  (le paradoxe keynésien de l’épargne). L’épargne nationale se compose de l’épargne publique et de l’épargne privée. L’épargne privée est la différence entre le revenu disponible et les dépenses de consommation. Quant à l’épargne publique, elle existe quand le gouvernement enregistre un excédent budgétaire  (recettes publiques supérieures aux dépenses publiques).
Quant les ménages ne dépensent pas tous leurs revenus, l’épargne privée augmente. Si en même temps, le gouvernement enregistre un excédent budgétaire, l’épargne publique augmente aussi. Par conséquent, l’épargne nationale augmente et, l’offre de fonds prétables augmente sur le marché financier. Ce qui va pousser les taux d’intérêt à la baisse. Une diminution des taux d’intérêt incite les entreprises à investir davantage. Investir plus signifie production de plus de biens et de services. Ainsi, on aura une augmentation du PIB (croissance économique). L’augmentation du PIB s’accompagne généralement d’une réduction du taux de chômage  (loi d’Okun) et peut-être, d’une hausse des salaires  (loi de hicks). 
En Haïti, l’acces au crédit est très limité. Ce qui constitue un handicape majeur pour notre économie. En cause, l’épargne nationale est très médiocre. La question maintenant est de savoir pourquoi elle est aussi faible? Les causes  [économiques] de la faiblesse de l’épargne haïtienne sont au nombre de trois (3): le taux de chômage est élevé; l’inflation est galopante et le niveau de revenu est faible. Du côté des ménages, ces trois (3) facteurs agissent concomitamment sur le comportement des ménages haïtiens et les mettent dans l’impossibilité d’épargner car leur revenu n’est même pas suffisant pour la consommation courante. Du côté du gouvernement, les recettes proviennent essentiellement des taxes, des impôts. A cause de la faiblesse des structures étatiques, les recettes publiques sont faibles. De surcroît, la corruption, l’évasion fiscale, la contrebande sont endémiques. Parallèlement, le gouvernement se trouve face à  des dépenses énormes  (subvention de l’électricité par exemple).
Face à cette situation, seuls les plus forts (politiciens et puissants hommes d’affaires) font partie du cercle très fermé ayant accès au crédit. En conséquence, des centaines voire des milliers de projets viables sont restés dans les tiroirs de la tête de certains jeunes très dynamiques. Ce qui constitue une entrave à la création de micro-entreprises et de PME, lesquelles pourraient générer beaucoup d’emplois dans le pays. Ainsi, le marché du travail se resserre, le taux de chômage augmente, ce qui pousse ces jeunes dynamiques désespérés à migrer vers l’Amérique latine (théorie de la causalité circulaire cumulative).
Que faire? Le slogan “Haïti is open for business” ne suffit pas. Les autorités doivent prendre des mesures visant à:  

1-libéraliser le crédit ;

2- créer un fond de garantie à l’investissement; 

3-encourager les investissements directs étrangers; 

4- mettre en place des structures et des infrastructures nécessaires…

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