Editorial du jeudi 23 mai 2019

Femme, famille et socit

Le Rassemblement des dmocrates, nationaux, progressistes (RDNP), la veille du dernier dimanche de mai, ne saurait rater l’occasion de dire, dans la plus pure tradition hatienne: Bonne fte toutes les mres du pays. Bien qu’il cultive le regret de tout le symbolisme et de toute la solennit qui entouraient la clbration de cette mondanit, sublimant le rle incommensurable jou par les mres, donc, par la femme dans la socit hatienne. Vivante ou au tombeau, en ce jour particulier, des fleurs transmettaient le message iconique du courage, du dvouement, de l’amour, de la patience et de la prsence inoubliables et irremplaables de la mre. Ce n’est point une fleur faite la mre, qu’elle constitue un pan de la culture hatienne, qu’elle occupe cette place si importante dans le patrimoine immatriel hatien, dans le rpertoire de la musique, toute tendance confondue.

Ce n’est plus un fait dmontrer dans la vie sociale hatienne, il est reconnu que les mres sont et demeurent le poto mitan, la colonne vertbrale des familles, souvent monoparentales. Au point que le travail fourni par les mres, le dvouement employ, pour faire fonctionner les foyers, n’est apprci, sa juste valeur, qu’au moment o il faut tenir leur rle, momentanment ou dfinitivement. Il faut se mettre trois ou quatre pour tenter d’abattre la corve journalire d’une mre, femme professionnelle, voire, de celle, femme au foyer.

Certes, en Hati, il n’y a pas de famille, sans la chaude prsence d’une femme, qu’elle soit mre, belle-mre, tante, gouvernante, servante Cela ne doit pas, toutefois, gommer certaines discriminations faites aux femmes et poser l’pineux problme du dclin de la famille. Au-del de ces mondanits, le RDNP entend donc poursuivre ses rflexions sur la femme et, par voie de consquence, sur la famille qui occupe – en tant que premire, principale cellule cognitive de la socit – une place prpondrante, fondamentale dans son projet politique.

D’abord, le RDNP se fait l’obligation de matrialiser les acquis des luttes internationales pour l’mancipation de la femme dans l’laboration et l’excution de ces politiques publiques. Pour rparer tous les torts sculaires faits au sexe fminin et combattre les prjugs sociaux y relatifs. Ces torts, prjugs, strotypes constituent de grandes digues la participation, pleine et effective, des femmes dans l’organisation politique de la bonne socit hatienne construire.

L’ingalit dans l’accs aux offres en matire d’ducation, a fait perdre au pays le bnfice de la fougue, du sens de responsabilit, de l’intelligence, de la dtermination, du srieux des femmes, dans les domaines lis, surtout, l’entreprenariat, l’ducation, aux finances, au commerce, l’administration, aux sciences mdicales De mme que les prjugs machistes, incluant un droit de cuissage tacite, ont handicap l’accession des femmes aux postes lectifs, aux chelons suprieurs de l’administration publique Ce qui imprime un biais dans la lutte pour la parit homme/femme, s’apparentant plus une faveur au lieu du simple respect du principe de l’galit des chances pour tous, de la mritocratie, prn par le RDNP.

Ensuite, le RDNP fidle ses bases doctrinales se propose de sublimer la femme au sein de la cellule familiale, l o elle a acquis tous ses galons et s’est rvl cet tre incontournable, indispensable la reproduction fidle de l’espce, la transmission automatique des valeurs et normes sociales. Reconstituer la famille hatienne, c’est donner la femme toutes ses marges de man?uvres, incluant l’assurance de sa scurit, la garantie de son autonomie, les moyens de sa libert, de la gestion de sa sexualit, de sa maternit et, ventuellement, le pouvoir d’assurer l’ducation de ses enfants. Reconstituer la famille, c’est jeter les fondements assurs de la bonne socit, ce qui, au final, implique d’adapter et d’appliquer, avec rigueur, une loi sur la paternit responsable. Celle-l doit, bien entendu, tenir compte de la ralit sociale ou sociologique des diverses couches de la socit hatienne, et du statut social de chaque femme.

Il faut pour cela changer les mentalits qui subordonnent, divers points de vue, le statut de la femme celui de l’homme, et, inversement. Ce qui induit une dpendance de la femme par rapport l’homme dans l’exercice de certains droits, la ralisation de certaines activits et la jouissance de certains privilges. Tout cela est renforc par cette fausse perception du sujet mle comme chef autoritaire au sein du foyer. La mre doit jouer, ce propos, un rle crucial puisque les strotypes, rflexes, prjugs formant, selon nous, cette mentalit bien forge – sont fort souvent transmis, ds le berceau, de la mre la progniture mle et femelle.

Pour le RDNP, la fte des mres, en Hati, n’est pas juste une clbration mondaine, mais un moment spcial de rflexion socioconomique portant sur les potentialits d’une catgorie sociale. Il est question de renforcer les vraies assises conomiques de notre socit, de consolider ses vritables fondements, que sont ces mres soucieuses, dvoues, ces femmes hatiennes qui font de l’ducation de leurs enfants, un sacerdoce, le sacrifice de toute leur vie.

Aussi, le RDNP se propose-t-il de forger tous les outils susceptibles de combattre toutes les formes de discrimination envers les femmes des distinctions, ingalits lies une coutume qui persiste, parce que renforce par des lois dsutes ou inexistantes. Il est fort probable que le ministre la Condition fminine, cration du RDNP en 1988, soit rorient, soit redfini en vue de trouver une nouvelle vocation en fonction des donnes changeantes de la ralit du pays. Bonne fte toutes les mamans.

Ensemble, ensemble, ensemble, jusqu’ la victoire finale.

Medam, met men, pran desten nou an men.

Eric Jean Baptiste

Secrétaire général RDNP

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